Vous exercez un métier depuis plusieurs années sans posséder le diplôme correspondant ? Vous souhaitez reprendre des études, changer de fonction ou faire reconnaître des compétences acquises sur le terrain ? En Belgique, plusieurs dispositifs permettent de donner une valeur officielle à cette expérience.
La valorisation des acquis de l’expérience (VAE) concerne principalement l’accès aux études et les dispenses de cours. La validation des compétences vise plutôt une certification professionnelle en Wallonie et à Bruxelles francophone. En Flandre, le système EVC répond à des règles spécifiques.
Qu’est-ce que la VAE en Belgique ?

La VAE reconnaît les connaissances développées dans l’emploi, l’activité indépendante, le bénévolat ou la vie personnelle. Dans l’enseignement supérieur francophone, un jury examine ce parcours pour déterminer si le candidat peut suivre une formation malgré l’absence du diplôme normalement requis. Il peut aussi accorder certaines dispenses.
Attention à la différence avec la France : la VAE universitaire belge n’attribue pas directement un bachelier ou un master sur la seule base de l’expérience. Pour obtenir le diplôme, il faut être admis et réussir les éléments du programme restant à accomplir.
| Dispositif | Objectif principal | Résultat possible |
|---|---|---|
| VAE dans l’enseignement supérieur francophone | Accéder à des études ou alléger le cursus | Admission et/ou dispenses décidées par un jury |
| Validation des compétences (Wallonie et Bruxelles francophone) | Certifier des savoir-faire professionnels | Titre de compétence officiel |
| EVC en Flandre | Reconnaître des compétences déjà acquises | Preuve de qualification, dispense ou accès selon le parcours |
Qui peut bénéficier d’une VAE dans l’enseignement supérieur ?
La VAE s’adresse notamment aux salariés, indépendants, demandeurs d’emploi et bénévoles souhaitant reprendre une formation. En revanche, le candidat doit démontrer que ses acquis correspondent réellement aux exigences de la formation visée.
La règle des cinq années d’expérience
Pour une admission par VAE dans l’enseignement supérieur francophone, il faut généralement justifier au moins cinq années d’expérience personnelle ou professionnelle pertinente, appréciées selon les règles du programme. Jusqu’à deux années d’études supérieures réussies, correspondant à 60 crédits acquis par année, peuvent être intégrées dans ce total.
Cette condition ne signifie pas que cinq années de n’importe quel emploi donnent automatiquement accès à un master. Par ailleurs, les demandes de dispenses de cours d’un étudiant déjà inscrit relèvent aussi d’autres dispositions et ne supposent pas nécessairement cinq années d’activité.
Quelles expériences peuvent être prises en compte ?
Le dossier peut valoriser un emploi, une activité indépendante, du bénévolat, des stages ou des formations antérieures. La pertinence compte davantage qu’un intitulé de poste flatteur.
Par exemple, une personne qui coordonne des équipes, prépare des budgets et gère des projets depuis plusieurs années peut envisager une VAE pour une formation en gestion. Elle devra démontrer la correspondance entre ses responsabilités et les compétences attendues dans le cursus.
Que peut-on obtenir grâce à la VAE ?

La décision dépend du programme et de l’établissement. Une admission permet de commencer des études sans disposer du titre habituellement exigé ; une dispense évite de devoir suivre ou représenter certains enseignements déjà maîtrisés. Le jury peut également imposer des cours complémentaires ou proposer un parcours adapté.
Les possibilités concernent notamment des bacheliers, masters et certaines formations continues au sein des universités, hautes écoles et écoles supérieures des arts. À l’ULB, par exemple, les études de la Faculté de Médecine sont exclues de la procédure VAE présentée sur son site.
Une décision favorable ne vaut pas admission générale dans toutes les universités belges. Elle concerne le programme et l’établissement qui ont étudié la candidature.
Et dans l’Enseignement pour Adultes ?
L’Enseignement pour Adultes, anciennement appelé enseignement de promotion sociale, propose également des possibilités de reconnaissance des acquis. Selon le programme, le conseil des études peut autoriser une admission sur la base d’une épreuve ou accorder certaines dispenses.
Les règles diffèrent de celles appliquées dans l’enseignement universitaire. Un Titre de compétence professionnel peut aussi faciliter certaines dispenses lorsque le parcours concerné le prévoit. Il est recommandé de contacter directement l’établissement avant toute inscription.
Comment faire une demande de VAE : les étapes
La procédure n’est pas centralisée dans un guichet national unique. Chaque établissement dispose de ses formulaires, échéances et modalités d’évaluation.
- Définir son projet. Choisir le diplôme visé.
- Contacter le service VAE. Vérifier les conditions et délais.
- Inventorier ses acquis. Les relier aux compétences du programme.
- Préparer le dossier. Réunir les justificatifs.
- Passer l’évaluation éventuelle. Entretien, examen ou vérification d’aptitudes.
- Recevoir la décision. Vérifier les dispenses et formalités d’inscription.
La plupart des établissements proposent un conseiller ou un relais VAE. À l’ULB, l’analyse comporte une vérification administrative suivie d’un examen académique du dossier.
Comment constituer un bon dossier VAE ?
Un CV suffit rarement à prouver les compétences requises. L’idéal est de rapprocher chaque expérience des acquis d’apprentissage figurant dans le programme choisi.
| Document ou preuve | Ce qu’il permet de démontrer |
|---|---|
| CV chronologique | Continuité et diversité du parcours |
| Attestations d’employeurs | Fonctions, durée et responsabilités |
| Contrats ou preuves d’activité indépendante | Réalité de l’expérience professionnelle |
| Rapports, projets, portfolio | Réalisations et niveau de maîtrise |
| Diplômes et relevés de crédits | Études antérieures éventuellement valorisables |
| Lettre de motivation | Cohérence du projet de reprise d’études |
Conseil pratique : décrivez vos actions avec des exemples vérifiables. « J’ai encadré six personnes et organisé les plannings » renseigne davantage qu’une simple mention de « compétences en management ». Veillez également à respecter la confidentialité des informations professionnelles présentées.
Validation des compétences : obtenir un titre professionnel
Pour une personne qui souhaite surtout faire reconnaître son métier, la validation des compétences peut être plus adaptée que la VAE universitaire. Ce dispositif officiel est organisé en Belgique francophone par le Consortium de validation des compétences.
La démarche consiste à contacter un centre agréé, participer à un entretien de guidance puis réussir une mise en situation professionnelle. Une réussite donne droit à un Titre de compétence, qui n’est ni un diplôme ni le CESS, mais une certification officielle utilisable auprès d’employeurs et de certains organismes de formation.
Contrairement à l’admission universitaire par VAE, aucune règle générale des cinq années ne s’applique à ces épreuves : le niveau pratique exigé dépend du métier. La participation est gratuite pour les candidats individuels ; une contribution peut être demandée aux entreprises qui inscrivent leurs travailleurs.
En 2025, le Consortium a délivré 7 157 Titres de compétence à 3 896 personnes, selon son rapport d’activité publié en 2026. Cette certification peut aider à faire reconnaître son savoir-faire, à obtenir certaines dispenses de formation ou à appuyer un projet de reconversion.
Les métiers et les épreuves disponibles sont présentés sur le site officiel validationdescompetences.
Et en Flandre : comment fonctionne l’EVC ?

En Flandre, on parle d’EVC, pour Erkennen van Verworven Competenties. La procédure peut servir à obtenir une qualification professionnelle ou à solliciter des dispenses dans un parcours éducatif.
Pour une certification professionnelle, le candidat s’adresse à un centre de test agréé. Il passe un entretien puis une ou plusieurs évaluations pratiques, parfois complétées par un test oral ou écrit. Les exigences linguistiques varient selon la profession, mais les épreuves se déroulent en néerlandais.
Dans l’enseignement supérieur flamand, les universités et hogescholen disposent de procédures de reconnaissance des compétences (EVC) et des qualifications antérieures (EVK). Ces procédures peuvent permettre une dispense, voire un accès particulier selon les règles applicables. Informations officielles : vlaanderen.be.
Combien coûte la reconnaissance de l’expérience ?
Le prix dépend surtout du dispositif et du territoire. Une validation gratuite ne rend donc pas nécessairement gratuites les études qu’elle facilite.
| Parcours | Coût indicatif ou règle officielle |
|---|---|
| Validation des compétences francophone | Gratuite pour le candidat individuel |
| VAE universitaire ou en haute école | Modalités et éventuels frais selon l’établissement ; droits d’études distincts |
| EVC professionnelle en Flandre, 2026-2027 | 151 € pour une qualification complète ; 121 € pour une partielle |
| EVC flamande, certains groupes bénéficiaires | Tarifs réduits de 75,50 € ou 60,50 € |
| EVC via un parcours reconnu par le VDAB | Gratuit pour les demandeurs d’emploi inoccupés inscrits, sous conditions |
Ces tarifs flamands sont publiés par les autorités pour l’année scolaire 2026-2027 et peuvent être indexés. Les évaluations EVC dans l’enseignement supérieur flamand ont leur propre tarification, à vérifier auprès de l’établissement.
Où s’informer en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre ?
Le bon interlocuteur dépend du résultat recherché. Pour un projet de diplôme, il faut contacter directement l’établissement qui organise le cursus. Pour une certification liée à un métier, il convient de commencer par le catalogue et les centres agréés.
| Organisme | Pour quel besoin ? | Site officiel |
|---|---|---|
| ULB, UCLouvain, ULiège, hautes écoles | Admission par VAE et dispenses | ULB, UCLouvain, ULiège |
| Consortium de validation des compétences | Titres professionnels en Wallonie et à Bruxelles | validationdescompetences.be |
| Le Forem et IFAPME | Orientation professionnelle en Wallonie | leforem.be ; ifapme.be |
| Bruxelles Formation et Actiris | Formation, emploi et orientation à Bruxelles | bruxellesformation.brussels ; actiris.brussels |
| Gouvernement flamand et VDAB | EVC et parcours professionnels flamands | vlaanderen.be ; vdab.be |
Pour la validation des compétences francophone, les numéros d’orientation indiqués sur le site officiel sont le 0800 939 47 (Forem), le 0800 90 133 (IFAPME) et le 0800 555 66 (Bruxelles Formation).
Cinq conseils pour augmenter ses chances de réussite
Une expérience longue ne suffit pas si le jury ne peut pas en mesurer le contenu. La qualité des preuves et leur correspondance avec les compétences recherchées jouent donc un rôle important.
- Vérifiez le référentiel du cursus ou du métier avant de rédiger votre dossier.
- Privilégiez des preuves précises plutôt qu’une accumulation de certificats sans rapport avec l’objectif.
- Expliquez votre autonomie et les décisions que vous preniez réellement.
- Préparez l’entretien ou l’épreuve pratique à partir des compétences annoncées.
- Respectez les échéances, qui varient selon l’établissement et le statut du candidat.
En cas de réponse négative, demandez des explications sur les compétences manquantes et renseignez-vous sur les possibilités de recours ou de formation complémentaire.
Conclusion
Faire reconnaître son expérience en Belgique peut faciliter une reprise d’études, raccourcir certains parcours ou rendre des compétences professionnelles plus visibles. Le point essentiel est de choisir la bonne procédure selon son objectif : VAE académique, validation francophone des compétences ou EVC flamande. Avant toute inscription, vérifiez les critères officiels, préparez des preuves concrètes et sollicitez le conseiller compétent.
Questions fréquentes sur la VAE en Belgique
Peut-on obtenir un diplôme sans reprendre des études ?
Pas directement par la VAE de l’enseignement supérieur francophone. Elle peut ouvrir l’accès à un programme et permettre certaines dispenses, mais le diplôme suppose la réussite des exigences restantes.
Peut-on faire une VAE sans diplôme ou sans CESS ?
Oui, l’absence de diplôme requis est précisément l’une des raisons de demander une admission par VAE. Le jury doit toutefois vérifier que le candidat possède les connaissances nécessaires pour suivre la formation. Certaines filières prévoient des conditions d’accès supplémentaires.
Faut-il cinq ans d’expérience pour toutes les procédures ?
Non. Le seuil des cinq années concerne principalement l’admission par VAE dans l’enseignement supérieur francophone. La validation des compétences professionnelle vérifie la maîtrise concrète du métier sans imposer cette durée générale.
Une personne au chômage ou étrangère peut-elle se présenter ?
Oui, selon les conditions du dispositif. Les demandeurs d’emploi peuvent faire reconnaître leur expérience. Pour l’enseignement supérieur, la nationalité, le statut de séjour et les échéances d’admission peuvent entraîner des formalités particulières. Si vous possédez un diplôme étranger, vérifiez également si une procédure d’équivalence est nécessaire.
Combien de temps dure la procédure ?
Pour une VAE académique, le délai dépend de la date de dépôt, de l’examen du dossier et des éventuelles évaluations. Pour la validation professionnelle, l’épreuve dure souvent une demi-journée, mais l’inscription et la délivrance du titre prennent davantage de temps.