Un certificat en prospective, pour quoi faire ?

En février prochain, l’UMONS, l’Institut Destrée et l’Université Ouverte de la Fédération Wallonie-Bruxelles vont ouvrir le premier certificat d’université en prospective opérationnelle à Charleroi.

En quoi consiste-t-il ? A qui s’adresse-t-il et, surtout, à quoi sert-il ? Nous allons tenter de répondre à ces questions avec l’un des concepteurs du projet, M. Philippe Destatte, directeur général de l’Institut Destrée.

M. Destatte, en quoi consiste la prospective opérationnelle ?

La prospective est à la fois une attitude face à l’avenir et un ensemble de méthodes qui nous permettent de nous y projeter de telle sorte que nous puissions agir sur le présent. En identifiant les enjeux de long terme, en construisant des configurations d’avenirs possibles, en identifiant des trajectoires et des visions souhaitables, nous nous mettons en capacité de construire des stratégies précises et de les mettre en œuvre pour les réaliser dans notre quotidien. La prospective est dite opérationnelle, pour renforcer l’idée qu’elle est résolument tournée vers l’action, la transformation, le changement.

C’est un peu comme apprendre à être visionnaire, en quelque sorte ?

Oui et non. Le prospectiviste sait qu’on ne peut pas transformer le monde si on rêve seul à l’avenir et qu’on essaie ensuite de le “vendre” aux autres ou de le partager. La prospective nous apprend un processus collectif, impliquant, qui crée de la cohésion et de la volonté commune de transformation. Le prospectiviste est un stratège qui anticipe. Mais il ne joue pas en chambre, il est sur le terrain, c’est un être d’action.

Pourquoi en faire un certificat d’université ?

Contrairement au monde anglo-saxon, à la France ou à l’Italie, la prospective est très peu enseignée en Wallonie et même en Belgique. Or, l’Université peut être un lieu d’apprentissage de l’innovation, en particulier les universités dynamiques qui veulent diffuser des savoirs concrets et immédiatement utilisables, ce qui est le cas ici. L’association entre l’UMONS, l’Université ouverte et l’Institut Destrée permet cette innovation.

À qui s’adresse ce certificat ?

Cette formation s’adresse aux femmes et aux hommes qui veulent être acteurs de leur devenir et s’y préparer solidement : chefs d’entreprises, cadres actuels ou futurs d’associations ou de la fonction publique, enseignants et chercheurs.

Au quotidien, comment se concrétise la prospective ?

Elle concrétise ses travaux par la mise en œuvre d’une stratégie robuste, car doublement articulée. Cette stratégie s’appuie sur des enjeux de long terme auxquels elle tente de répondre, mais aussi sur une vision claire, et si possible partagée, de l’avenir. Elle se déploie selon des processus précis et organisés, s’appuie sur la veille et se reconfigure avec agilité chaque fois que c’est nécessaire. Elle s’appuie sur le collectif et sur l’implication des acteurs pour atteindre ses objectifs de transformation. Aussi, une bonne prospective doit toujours déboucher sur des mesures concrètes et budgétées, à prendre au plus vite. La prospective se traduit par exemple par des plans stratégiques tels que « Charleroi 2020 », « Industrie 4.0 », CSC 2020, Cœur du Hainaut 2025, Normandie 2040,  etc.

À Charleroi, dans une ville en pleine évolution, c’est utile ?

Charleroi, comme le Hainaut et la Wallonie, ou même l’Europe, avec laquelle nous travaillons, ont besoin d’avenir comme de pain. C’est un nouveau futur qu’il s’agit de construire pour répondre aux multiples enjeux. Construire les chemins les plus adéquats pour nos organisations et nos entreprises est essentiel pour calmer le jeu d’un monde incertain et s’y positionner efficacement.

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2018-01-11T07:24:09+00:00

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